Sciences Po : hausse des frais d’inscription et salaires en forte progression au sommet
Publié le 21 décembre 2025 à 21:18 par Julien PrétotDurée de lecture : environ 1 minute
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Pour l'année 2026-2027, Sciences Po augmente ses frais d’inscription de 1,25%, tandis que les salaires de sa direction connaissent une hausse significative après plus de dix ans de gel.
Les étudiants actuels et futurs de Sciences Po doivent s’attendre à voir leurs factures augmenter. Le Conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) vient en effet de valider une revalorisation de 1,25 % des frais d’inscription pour l’année 2026-2027. Après une année de stabilité des tarifs prévue pour 2025-2026, cette décision signe le retour des augmentations. L’équipe de direction, menée par Luis Vassy, rappelle que cette évolution tarifaire demeure modérée et s’inscrit dans une logique où les droits d’inscription ne sont pas le principal moteur de financement de l’école.
Pourtant, le contexte global est marqué par une inflation continue du coût des études : selon la Cour des comptes, entre 2016 et 2024, le montant moyen des droits demandé aux étudiants de Bachelor a crû de 27 %, et celui des masters a progressé de 31 %.
Les rémunérations de la direction également en hausse
Les représentants étudiants ne cachent pas leur mécontentement face à une autre hausse, celle des salaires du sommet de l’institution. Alors que cet effort financier est demandé aux familles, la FNSP a également voté une augmentation des rémunérations de ses deux principaux dirigeants, gelées depuis plus d’une décennie.
| Dirigeant | Augmentation | Salaire brut annuel | Part variable |
|---|---|---|---|
| Luis Vassy (Directeur) | +2,5 % | Entre 205 000 et 252 000 € | Jusqu’à 25 % sur objectifs |
| Laurence Bertrand Dorléac (Présidente de la FNSP) | +2,75 % | 37 000 € | - |
La direction justifie ces revalorisations par le fait que les grilles salariales étaient restées inchangées depuis, respectivement, 2013 pour le directeur et 2012 pour la présidente. Ce « dégel » des salaires est donc présenté comme une mesure d’équité interne, après plus de dix ans de statu quo.
La contestation étudiante ne faiblit pas
Pour les syndicats, le signal envoyé aux étudiants passe mal. L’Unef comme l’Union Étudiante dénoncent une gestion « inadmissible » et « injuste » de la part de l’établissement, pointant un décalage entre les efforts demandés aux familles et les avantages consentis à la direction. Sur les réseaux sociaux, le ton est donné : « l’exemplarité budgétaire commence par le haut ».
Dans un communiqué, l’Union Étudiante martèle : « Alors que les étudiants vont subir une énième hausse des frais de scolarité, cette hausse [des salaires de la direction] n’est ni une nécessité, ni une priorité. »
Ce vote intervient dans un climat de tension persistant autour des modèles de financement de l’enseignement supérieur, alors que la part des droits d’inscription dans le budget global des grandes écoles ne cesse d’augmenter, accentuant la pression sur les étudiants et leurs familles.