Retraites 2026 : quand la hausse des pensions cache une baisse réelle, qui sont les vrais gagnants et perdants ?
Publié le 6 janvier 2026 à 11:36 par Julien PrétotDurée de lecture : environ 2 minutes
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En 2026, la revalorisation des pensions peut mener à une baisse nette pour certains retraités à cause de la fiscalité et des prélèvements sociaux.
La revalorisation des pensions de retraite, entrée en vigueur le 1er janvier dernier avec une hausse de 0,9 %, pourrait bien réserver de mauvaises surprises à certains retraités dès février 2026. Derrière cette augmentation pourtant annoncée se cache en effet une mécanique fiscale complexe, où inflation, barème fiscal et seuils sociaux peuvent se conjuguer pour occasionner une baisse concrète du montant perçu sur le compte en banque.
Une hausse qui peut se transformer en baisse
Si, à première vue, la hausse annoncée laisse présager une amélioration du pouvoir d’achat – un retraité bénéficiant d’une pension brute de 1 000 euros touche désormais 1 009 euros –, la réalité peut être moins avantageuse. Cette progression, la plus faible observée depuis quatre ans, intervient alors que les seuils fiscaux évoluent très peu. Pour certains, ce réajustement, cumulé aux précédentes revalorisations (notamment l’augmentation de 5,3 % en 2024), peut entraîner un changement de tranche au niveau de la Contribution Sociale Généralisée (CSG).
Le revenu fiscal de référence : un élément décisif
Le taux de CSG applicable en 2026 sera calculé en fonction du revenu fiscal de référence (RFR) 2024 figurant sur l’avis d’imposition reçu à l’été 2025. Cette nouvelle situation concerne principalement les retraités dont le RFR était proche d’un seuil de tranche : une hausse passée de leurs revenus risque alors de leur faire franchir une nouvelle catégorie de prélèvement.
Ainsi, certains retraités pourraient voir le taux de CSG grimper, par exemple, de 6,6 % à 8,3 %. En intégrant également la contribution additionnelle pour l’autonomie (0,3 %) ainsi que la CRDS (0,5 %), les prélèvements sociaux peuvent représenter jusqu’à 9,1 % de la pension brute. Résultat : une progression symbolique du brut peut, pour une partie des séniors, masquer une diminution nette plus significative du montant réellement perçu chaque mois.
Qui est concerné par une possible baisse de pension en 2026 ?
Les retraités dont le revenu fiscal frôle les seuils des tranches de CSG sont les plus exposés à ce risque :
- Pour une personne seule, la CSG n’est pas prélevée en dessous de 13 048 euros de RFR. Entre 13 049 et 17 057 euros, elle est fixée à 3,8 %. Elle passe à 6,6 % jusqu’à 26 470 euros, puis grimpe à 8,3 % au-delà de ce montant.
- Pour un couple avec deux parts fiscales, les seuils sont respectivement fixés à 20 014 euros, 26 165 euros puis 40 604 euros.
Il est aussi à noter que la pension de janvier 2026 sera, en pratique, versée en février, ce qui peut retarder la prise de conscience de la baisse éventuelle. Dans certaines régions, comme en Alsace-Moselle, l’ajustement sera visible dès le 2 février 2026, accompagné d’un rappel sur le mois précédent.
Comment vérifier si vous serez impacté ?
Pour savoir si vous êtes concerné par cette évolution, il suffit de consulter le montant de votre revenu fiscal de référence pour l’année 2024 sur votre avis d’imposition 2025. Il convient par la suite de :
- Identifier le nombre de parts fiscales composant votre foyer.
- Comparer votre RFR avec les seuils applicables pour la CSG en 2026.
- Mesurer l’écart entre votre taux actuel et celui susceptible de s’appliquer en 2026.
Ce travail d’anticipation est essentiel car, en cas de changement de tranche, la hausse annoncée pourrait non seulement être annulée, mais même aboutir à une baisse effective du montant de votre pension mensuelle.