Budget 2026 : 380 000 foyers concernés par une nouvelle hausse d'impôts
Publié le 16 décembre 2025 à 12:14 par Julien PrétotDurée de lecture : environ 2 minutes
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Le budget 2026 prévoit un effort fiscal majeur impactant retraités, ménages modestes et entreprises avec 17 milliards d’euros de recettes supplémentaires.
À l’approche des fêtes de fin d’année, l’attention se tourne vers le gouvernement, qui se prépare à finaliser le budget pour 2026. Ce lundi 15 décembre, les sénateurs sont appelés à se prononcer sur la version définitive du projet de loi de finances de l’État (PLF), tandis que les députés enclencheront, dès demain, l’examen du budget de la Sécurité sociale (PLFSS).
L’accent sur l’effort fiscal dans le nouveau budget
Alors que de nombreux Français espèrent une réduction des dépenses publiques et une baisse d’impôts pour soulager les déficits, le Premier ministre Sébastien Lecornu vise l'adoption du budget 2026 avant le 31 décembre 2025. Toutefois, ce projet ne fait pas l’unanimité sur l’échiquier politique. Au contraire, le gouvernement anticipe un effort fiscal conséquent afin de générer près de 17 milliards d’euros de recettes supplémentaires, notamment en conservant le barème actuel de l’impôt sur le revenu.
Près de 17 milliards d’euros de recettes espérées
Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), cette orientation fiscale pourrait concerner plus de 380 000 foyers supplémentaires qui deviendront imposables. Certains ménages, aujourd’hui exempts d’impôts, pourraient perdre leur statut tandis que d’autres verront leur contribution augmenter automatiquement. Ce resserrement fiscal risque d’impacter:
- les ménages modestes, désormais concernés par l’impôt sur le revenu ;
- les retraités, avec des mesures spécifiques ;
- le secteur de la santé et les consommateurs en raison de la probable progression des prix du carburant et des médicaments ;
- les foyers les plus aisés, non épargnés par ces réformes.
Pression accrue sur les retraités et les ménages modestes
L’OFCE estime que plusieurs taxes existantes pourraient être prolongées, et de nouvelles contributions instaurées. Parmi les mesures clés :
- Le maintien de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) ;
- Le maintien de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises ;
- L’introduction d’une taxe sur les holdings patrimoniales, visant à limiter certaines stratégies d’optimisation fiscale avec jusqu’à 6,5 millions d’euros de recettes escomptées.
Le projet n’épargne pas les retraités : l’actuel abattement fiscal de 10% sur les pensions pourrait être remplacé par une déduction unique de 2 000 euros. Ce changement favoriserait les petites retraites, mais alourdirait l’imposition de celles plus importantes, suscitant inquiétude et mécontentement.
Des niches fiscales dans le viseur
Le gouvernement prévoit également de supprimer 23 niches fiscales jugées inefficaces, incluant notamment la réduction d’impôt sur les frais de scolarité ou les avantages liés aux biocarburants. Cette suppression pourrait avoir un impact direct sur le pouvoir d’achat de nombreuses familles, tout en affectant divers secteurs économiques. Du côté des entreprises, certains dispositifs leur seront favorables, comme la disparition anticipée de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) d’ici 2028, soit deux ans avant le calendrier initial. Cette suppression représentera cependant un manque à gagner estimé à 1,3 milliard d’euros pour l’État, avec pour objectif affiché de soutenir la compétitivité et la réindustrialisation des PME.
| Mesure | Public concerné | Effet attendu |
|---|---|---|
| Gel du barème de l’impôt | Ménages modestes et classes moyennes | Hausse des foyers imposables |
| Remplacement de l’abattement de 10% pour les retraites | Retraités | Allégement pour petites retraites, hausse pour les pensions plus élevées |
| Suppression de 23 niches fiscales | Familles, secteurs dépendants des dispositifs concernés | Réduction du pouvoir d’achat, rééquilibrage budgétaire |
| Suppression anticipée de la CVAE | Entreprises (PME) | Soutien à la compétitivité, perte de recettes pour l’État |
L’examen de ce nouveau projet de loi de finances s’annonce donc déterminant, engageant un large éventail de la société française, du plus modeste au plus aisé, et promettant des bouleversements notables pour le quotidien de milliers de foyers dès l’année 2026.